14 janvier 2009
Fromage, chocolat, rideau !
Ce dernier jour en Tasmanie sera dédié aux visites et dégustations. Pour commencer, nous retournons près de Burnie où se trouve Lactos Tasmania, une usine de fromage dans laquelle on peut gouter leur production gratuitement.
Force est de constater que ces fromages ne sont pas bons du tout. Je reconnais bien là le style australien : une pâte unique aromatisée de différentes saveurs telles que basilic, tomate séchée, ail, olives etc. Les camemberts n'ont aucun gout. En gros ce n'est pas très intéressant. J'ai tout de même trouvé au milieu de la médiocrité un petit bijou, le carré rouge : il pue, il dégouline, c'est l'idéal! Nous en achetons un pour la route!
Nous partons ensuite en mission spéléo dans les petites grottes de Gunns Plains Caves, près d'Ulverstone. L'entrée ne paie pas de mine et je m'attends à quelques stalactites et stalagmites sans grande surprise. Mais notre guide est très très passionné (il s'est marié dans ces grottes, c'est pour dire!) et il en fait une visite des plus intéressantes! Et nous découvrons des rideaux de roches très beaux ainsi que des gros gâteaux couverts de sucre ou d'énormes vers à l'aspect gluant qui pendent du plafond. C'est un jour chaud, il fait plus de 35°, mais sous terre il ne fait plus que 10°! L'atmosphère est fraîche et humide, et lorsqu'il éteint toutes les lumières pour nous montrer ce que ressentait une personne s'éclairant à la bougie et victime d'un courant d'air, l'endroit devient menaçant. Nous avons la chance de voir un mur couvert de vers luisants!
C'est ensuite vers une chocolaterie que nous nous dirigeons. Cette dernière s'appelle House of Anvers (près de Devonport) et produit des truffes et des chocolats crémeux à la belge. On peut observer la production, en gouter et acheter le résultat, puis jeter un œil au musée. Nous dégustons un petit café serré dans le joli jardin fleuri de style très anglais!
C'est en fin de journée déjà que nous atteignons la petite ville de Sheffield qui m'a beaucoup plu. Dans les années 1980 les habitants décidèrent d'orner la ville de peintures murales décrivant l'histoire des pionniers car la situation économique était minable. La première eut un tel succès qu'au fil des années leur nombre a atteint la cinquantaine. Se promener dans les rues est comme un jeu de pistes où le but est de trouver les fresques plus ou moins cachées, plus ou moins belles. Quelles qu'elles soient, elles donnent un caractère original à Sheffield.
C'est notre dernière nuit dans le Van, demain matin il faudra retourner à Hobart pour prendre l'avion... nous profitons de la lumière chaude du soleil couchant et dévorons (presque en entier!) le carré rouge-qui-pue acheté ce matin!
Il fait bon vivre.
13 janvier 2009
Stanley - The Nut
Un petit matin en nuances de gris
Notre périple touche à sa fin et notre dernière destination avant de nous rapprocher peu à peu de Launceston se trouve au nord-ouest.
Boat Harbour, tout petit village.
Nous visitons Stanley, un charmant village de pêcheurs posé au pied de l'extraordinaire Circular Head ou The Nut.
Ce dernier est une formation volcanique de 152m de haut qui aurait 13 millions d'années. À l'approche du village, la vue est spectaculaire. Une fois au sommet du Nut, après une montée ardue, c'est vraiment beau! Mais il y a aussi trop de vent et le ciel est gris, ce qui gâche un peu le plaisir.
Le temps passe à une vitesse folle et nous roulons jusqu'à Smithton où je tenais absolument à visiter Dismal Swamp. Malheureusement nous arrivons à la fermeture. Je vous le décris malgré tout car c'était assez fou :
Smithton dessert l'une des régions forestières les plus vastes de Tasmanie et le Dismal Swamp est un toboggan de 110 m de long qui vous expédie dans les profondeurs de la forêt. Il y a également des bâtiments au sommet des arbres et un labyrinthe de passerelles en bois dans le marais pour admirer des sculptures contemporaines au milieu des fougères. Grrr c'est râlant, nous voyons le toboggan depuis l'accueil à la cime des arbres et ça a l'air génial!
Nous rebroussons chemin et traversons la ville de Burnie qui a l'air très moche puisque son port en eau profondes a fait du transport de marchandises un élément important de son économie. Notre passage éclair nous en montre assez : industrie lourde, aucun charme.
Nous devons trouver un endroit où nous installer pour la nuit et c'est compliqué de trouver au bord de l'autoroute. Notre petit rituel du point de vue en hauteur tombe à l'eau puisque celui-ci est couvert d'antennes et de paraboles gigantesques, nous décidons que ce n'est pas très bon pour la santé. À l'approche du petit village de Penguin (comme pingouin), nous trouvons finalement un petit coin près des rochers au bord de l'eau et nous assistons à un beau ciel de fin de journée, ça sent la fin, nous sommes déjà nostalgiques!
12 janvier 2009
Henty Dunes / Cradle Valley
Le lendemain, le ciel est dégagé et nous découvrons la ville de Queenstown et la gigantesque plaie béante creusée par l'homme au fil des années, c'est un peu triste.
Une ville qui donne envie d'y passer Noël...
Nous reprenons la route ce matin, et comme la Tasmanie est toujours pleine de surprises, nous nous retrouvons après seulement 30 km de descente dans un paysage totalement différent. Le soleil est à nouveau présent, nous sommes dans la petite ville de Strahan au bord de l'eau. Nous nous offrons un délicieux hamburger sur le port et nous trouvons des douches, grand moment de joie car c'est la première depuis notre départ de Melbourne (entre temps nous avons été très reconnaissants envers l'inventeur des lingettes nettoyantes!)
J'aime l'histoire de cette région qui était trop difficile à atteindre par les terres, sans port naturel et dont ma mer était trop déchainée en permanence. C'est pourquoi la pire colonie pénitentiaire y fut installée, dont les conditions de vie et de travail étaient si affreuses que la pendaison était comme un soulagement. Il y a aussi l'histoire de "The Ship That Never Was", un bateau que les forçats construisirent puis volèrent une fois terminé pour s'échapper!
À 6 km de Strahan, Ocean Beach est une plage de 33 km de long, bordée par une série de dunes de sable blanc immenses!
Je n'arrive toujorus pas à croire qu'une si petite île renferme autant de paysages riches et divers!!!
Ensuite nous nous dirigeons un peu plus vers l'intérieur des terres pour arriver à Cradle Mountain - Lake St Clair National Park, un nom drôlement long pour ce parc national classé au Patrimoine Mondial (une fois de plus), et le plus connu de Tasmanie. Et le paysage change à nouveau. Le sol est couvert d'un épais tapis de broussailles jaunes, peuplé de squelettes d'arbres.
C'est le paradis des randonneurs qui peuvent s'y donner à cœur joie dans les innombrables sentiers. Nous entrons dans la Cradle Valley et la route se termine face à un beau lac très paisible, entouré de montagnes hautes et abruptes, le paysage est grandiose.
Il y pleut sans arrêt, il y neige souvent. Il n'y a en moyenne que 34 jours de ciel bleu par an et nous sommes très chanceux car il n'y a pas un seul nuage à l'horizon, seulement un soleil chaud et bas qui étire les ombres.
Nous entamons notre dernière montée jusqu'à la pointe nord-ouest de la Tasmanie. Après de nouvelles forêts denses, nous voici dans un tout nouvel environnement qui ressemble à la campagne anglaise avec un paysage vallonné, quelques fermes çà et là et de grands champs verdoyants dans lesquels paissent des vaches noires, brunes, blondes ou tachetées. Nous finissons notre périple dans la ville de Wynyard posée sur la falaise déchiquetée. Retour à la civilisation.
Comme à notre habitude nous campons sur un point de vue en hauteur, et nous assistons au lever de la lune, énorme, ronde et flamboyante!
Petit dîner dans notre van tout équipé. Ici Matt fait une pub pour le lait concentré, convainquant?
11 janvier 2009
Port Arthur / Queenstown
Me voici enfin en France (31 janvier), mais je vais tout de même finir le récit de mes aventures!
La visite de Port Arthur fut très intéressante, alors voici un peu d'histoire.
Port Arthur devint une colonie pénitentiaire en 1833, réservée aux détenus récidivistes de toutes les colonies pénitentiaires australiennes, c'était donc l'enfer des convicts les plus rebelles. Mais c'était aussi un centre de commerce comptant plus de 2 000 habitants.
Puis les déportations cessèrent 20 ans plus tard et la population fut composée de vieux hommes malades et pour la plupart atteints de folie.
Les bâtiments furent détruits par de nombreux incendies, mais on peut encore visiter certains d'entre eux.
Pour commencer, le quartier des détenus, le pénitencier. Les condamnés à une lourde peine (les lions) étaient logés aux deux étages inférieurs. Au dessus, une salle à manger, une bibliothèque et une chapelle catholique. Au dernier étage, les détenus à la réputation plus honorable.
Tout près, la maison du Commandant. Elle était confortable, entourée d'un joli jardin, de fleurs, de fines herbes, d'arbres fruitiers et de légumes, avec une belle vue sur le port.
Les gardes vivaient ensemble : les hommes célibataires dans une grande salle, chaque couple marié derrière un rideau. Douze épouses devaient s'occuper de 100 hommes.
L'idée de ce pénitencier était de transformer les pires gredins en honnêtes hommes. Au lieu de les punir, ils imposèrent discipline et instruction (morale et religieuse), formation et éducation.
Certains d'entre eux en sortirent munis de compétences pour un avenir fructueux!
Il y avait donc divers ateliers permettant une formation professionnelle dans des domaines différents. Ainsi il y avait forgerons, charpentiers, tonneliers, tourneurs de bois, tailleurs, cordonniers, etc.
Les conditions de vie étant très dures, un grand nombre d'hommes allaient et venaient entre l'hospice, l'hôpital et l'asile d'aliénés, selon leur état de santé.
L'hôpital
Dans l'asile (photos perdues malheureusement), les hommes souffraient de dépression, de démence ou de maladie mentale. C'était un bâtiment très récent et moderne. Les malades étaient soignés dans un environnement calme et propre, avec gentillesse, réconfort, travail et divertissements. Les salles étaient spacieuses et aérées.
La prison isolée est une visite angoissante. Les murs sont hauts et si épais qu'aucun son ne peut les traverser. Elle était réservée à ceux qui osaient désobéir.
On considérait que le châtiment corporel ne faisait qu'endurcir les hommes, alors qu'un environnement calme et ordonné leur permettrait de se repentir et changer de vie.
Chaque nouveau venu devait d'abord passer 4 à 12 mois ici, dans l'isolement et le silence absolus. Il passait 23h par jour dans sa minuscule cellule où il pouvait travailler (souliers, tapis, vêtements...). À l'extérieur (une heure par jour), il devait porter un masque pour l'empêcher de lier contact avec les autres détenus. Toute infraction était punie d'un emprisonnement (jusqu'à 30 jours) dans la cellule de punition : obscurité totale, silence complet, régime pain et eau...). Cette minuscule cellule est si angoissante que nous n'étions pas capables de fermer complètement la porte et d'éteindre la veilleuse. Ce devait être absolument terrible!!!
Dans la chapelle, il restait debout, caché de ses camarades dans un compartiment indépendant.
L'église
L'île des morts
Environ 1100 personnes furent enterrées sur l'île. La partie basse étant réservée aux forçats et aux fous, la partie élevée aux civils et militaires.
Après avoir quitté la péninsule et traversé Hobart, nous prenons la route principale qui mène à l'ouest. Tout le sud-ouest de la Tasmanie n'est qu'un gigantesque parc national, classé au patrimoine mondial.
La route principale qu'ils appellent Highway n'est qu'une série de virages serrés et de côtes interminables au milieu des montagnes couvertes de forêts denses et de fougères. Cette route traverse l'épaisse végétation sur 50km. Le seul moyen d'y pénétrer vraiment est la marche de plusieurs heures à plusieurs jours. Nous entrons rapidement dans la belle forêt pour admirer les Nelson Falls, petite balade de dix minutes sous la pluie!
La découverte du jour fut notre arrivée sur la petite ville de Queenstown.
Je vais tenter de retranscrire l'émotion de ce voyage au bout du monde...
La route est longue et sinueuse, nous menant toujours plus haut dans les montagnes couvertes d'un épais manteau vert profond. Le soleil est haut dans le ciel et de gros nuages blancs sont coincés dans les sommets les plus hauts. Mais nous nous approchons lentement des morceaux de ciel cotonneux et soudain nous entrons dans l'un d'eux. Et le nuage nous tombe dessus avec sa pluie diluvienne. Le soleil a disparu derrière cet épais rideau et toutes les couleurs disparaissent. Nous sommes dans un monde en gris et blanc. Plus nous avançons, plus le nuage s'épaissit et peu à peu nous ne sommes plus capables de distinguer les montagnes alentours ni où nous mène la route. C'est comme si nous arrivions au bout du monde, comme si la route aller s'arrêter soudainement pour laisser place à un grand vide sans fin.
Inquiets, nous entamons la descente vers Queenstown qui n'apparaît jamais. Le bord de la route est un grand précipice sans fond et les virages serrés ajoutent à l'angoisse. Soudain nous arrivons à distinguer les parois de la montagne : il n'y a plus un seul arbre, pas âme qui vive. Tout n'est que terre ocre et rochers lunaires.
Au fur et à mesure que nous approchons de la ville, nous apercevons quelques maisons à l'allure fantômatique. Mais quel est cet endroit étrange?
La ville de Queenstown est entourée de montagnes pelées, témoins des dégâts provoqués par l'industrie minière. Aujourd'hui cette dernière est surveillée et les émissions de soufre sont contrôlées, mais les vents et pluies violents retirent constamment la fine pellicule de terre et la végétation n'y pousse plus du tout.
La ville est déserte, tout est fermé, c'est un endroit terriblement
sinistre et déprimant (bien que la photo de la rue principale ne donne
pas vraiment cette sensation), mais aussi fascinant.
La meilleure idée était de dormir en hauteur sur la plateforme qui en temps normal offre un panorama sur la ville.
10 janvier 2009
Midlands - Freycinet National Park
The Hazards
Tôt ce matin, frais et prêts pour une grande balade, nous partons à l'assaut de la montagne de granit appelée The Hazards. La péninsule est remplie de sentiers de randonnée menant à des plages ou des points de vue sur les hauteurs. Nous choisissons celui de 2h30 qui mène à Wineglass Bay. La marche est difficile car nous ne sommes pas très très sportifs et nous devons gravir 600 marches de rochers dans les deux sens. Mais très rapidement, la vue est prenante. Nous sommes entourés d'énormes rochers de granit ronds et rouges, ainsi que des arbres à l'allure fantômatique (secs avec des branches en doigts de sorcières). Au loin, s'étend la baie à l'eau bleu turquoise.
Le vampire doit toujours faire attention à ne pas s'exposer au soleil.
Arrivés sur la belle plage de Wineglass Bay qui est très sauvage, nous nous allongeons sur le sable épais et blanc, nous admirons les vagues bleu azur, et le vent frais finit de sécher les dernières gouttes de transpi.
De retour à notre van, il est temps de prendre la route , nous allons au sud-est, près de Hobart. En chemin nous parcourons de très charmants petits villages de pierres chargés d'histoire car construits par les prisonniers à l'époque où la première route était créée entre Hobart et Launceston.
Ross est un ancien poste de garnison, relai pour les chevaux, datant de 1812, avec son Ross Bridge érigé par les forçats maçons, grâciés pour leur beau travail de décoration sur les arches du pont. L'Australie ayant une histoire relativement jeune, toutes ces petites villes sont vraiment importantes car elles retracent la vie des colons à leur arrivée sur l'île et la construction des routes.
Oatlands, petite ville de 500 habitants, compte le plus grand nombre de bâtiments géorgiens : rien que dans la rue principale, il y en a 87. À quelques détails près, on se croirait dans une autre époque!
Le Callington Mill, un moulin à vent produisant de la farine et à la forme bien rigolote !
Le reste du paysage n'est que collines aux quelques arbres pelés (il y a probablement eu beaucoup d'incendies dans la région, on sent que la terre souffre) et de vastes plaines ocre où broutent quelques troupeaux de moutons gonflés de laine d'une couleur grisâtre qui se fond dans le paysage, ainsi que d'épaisses vaches noires comme du charbon.
En chemin nous nous dirigeons vers le panneau "fresh cherries", la tentation est trop forte. Nous arrivons sur un chemin de terre menant à une vieille ferme tenue par un couple assez âgé, dont les cerises sont de toute beauté : énormes, noires, juteuses, sucrées... une éternité sans des cerises aussi exquises!
Nous en achetons 1kg et nous sirotons leur expresso serré. La dame nous raconte que le bâtiment était autrefois le lieu où les bagnards dormaient et mangeaient alors qu'ils construisaient la route.
En fin de journée nous arrivons enfin à la péninsule de Tasman, son parc national et l'historique Port Arthur. La vue est magnifique et le soleil est bas, nous offrant sa lumière chaude.
Le panorama en hauteur s'ouvre sur de belles falaises de 300m de haut et les baies se succèdent.
09 janvier 2009
Bicheno
À suivre...
Ce matin nous repartons pleins de courage sur la route qui saute sans même se rappeler de quelle couleur c'était, le bitume.
Nous devons sortir de ce pétrin mais nous espérons encore trouver cette Bay of Fires sur un embranchement qu'on aurait loupé. Mais aucune indication ne nous mène au paradis tant espéré. Alors raz-le-bol, on a autre chose à voir!
La route est plus difficile que prévu car il y a partout des grandes collines très pentues et ardues pour notre petit van, et beaucoup de virages serrés. Le paysage est également impressionnant car nous sommes au milieu des grands espaces verts et des vaches (un peu comme dans le Victoria), puis soudain nous traversons une grande colline et nous sommes au milieu d'un paysage préhistorique avec une forêt très dense, des palmiers et de la terre couleur rouille!
Nous roulons jusqu'à Bicheno sur la côte est. L'arrivée sur la petite station balnéaire est déjà spectaculaire! Une eau bleue turquoise limpide et du sable blanc comme les caraïbes, avec un grand ciel bleu et rayonnant! Des plages désertes et très naturelles avec des rochers et des algues, on voit à peine la trace de l'homme! Nous marchons le long des rochers qui eux, sont couverts de lichen rouge comme nous l'avions tant recherché auparavant et c'est très beau et paisible. Nous marchons jusqu'au minuscule port de pêche où mouillent trois ou quatre petits bateaux.
C'est un très joli moment!
Nous reprenons la route en direction du Freycinet National Park mais il est déjà trop tard pour en visiter plus, une grande balade nous est réservée demain matin!
Voici la seule photo qu'il me reste de ce merveilleux endroit...
08 janvier 2009
Boag's / Bay of Fires
À Launceston, il y a tout un tas de grands bâtiments anciens.
Deux bières sont brassées en Tasmanie : au sud il y a Cascade et au nord Boag's. Nous visitons ce matin la brasserie Boag's qui se trouve en ville, dans des vieux bâtiments de briques.
Nous avons découvert toute l'évolution de sa fabrication, depuis le choix du malt jusqu'à la mise en bouteille et le packaging en passant par l'ajout de levures et la fermentation. Des énormes citernes brassent la future bière pendant des jours et des jours. Malheureusement, je n'ai pas le droit de prendre de photo.
La mise en bouteille est impressionnante : nous traversons un énorme hangar excessivement bruyant où les bouteilles circulent sur des petits tapis roulants à une vitesse incroyable. Elles sont nettoyées, remplies, habillées de jolies étiquettes, puis assemblées par packs de 6 ou par centaines en fonction de leur destination.
Pour finir nous entrons dans le musée très intéressant où l'on peut admirer les belles photos anciennes et l'histoire de la brasserie qui a vu défiler plusieurs générations de la famille Boag, puis a été vendue, pour être finalement au bord de la faillite dans les années 1990. C'est alors que le grand photographe Helmut Newton réalisa une série d'affiches publicitaires qui ont fait un véritable tabac.
Nous avons finalement eu droit à une dégustation de 4 bières, de la très légère à la très amère, accompagnées de 4 différents fromages sensés se marier à merveille avec chacune. Bon les fromages sont australiens, ne l'oublions pas. Et pour être honnête je ne me souviens que du gout des deux premières car la dégustation s'est avérée être une demi pinte de chaque, et au bout de la troisième j'étais déjà saoule!!! C'est pourquoi le fromage fut très très apprécié!
Bon, on va faire une petite promenade digestive avant de prendre la route, hein! Comme les vieux!
Ensuite nous partons pour de bon, direction l'est, Bay of Fires, élue l'un des plus beaux endroits au monde par le Lonely Planet.
En chemin nous nous arrêtons dans le petit village de Scottsdale qui possède un étonnant Office du tourisme! On dirait un engin spatial écrasé!
Au moment de louer le van, on nous a expliqué que beaucoup de routes n'étaient pas bétonnées, mais qu'il fallait tout de même les prendre si l'on voulait avoir un aperçu de la Tasmanie. Alors pas d'étonnement lorsqu'arrivés (presque) à destination, nous tombons sur une route de graviers. Sauf que celle ci s'étendait sur 50 km. Et sans indication convenable, nous n'avons évidemment pas pris la bonne direction. Finalement nous trouvons notre chemin vers le phare le plus à l'est de la Tasmanie. Arrivés là-bas (faisant du 5km/h pendant 12km...) le phare est fermé et la vue est bouchée par la forêt dense.
Nous décidons de reprendre la route pour tenter de trouver cette fameuse Bay of Fires, en espérant arriver pour le coucher de soleil sur les rochers ronds couverts de lichen rouge promis dans nos bouquins. Nous arrivons ENFIN au camping sauvage placé près de la baie. Tout excités, nous courrons vers la plage, et grande déception, il n'y a que du sable et des algues. L'endroit est vraiment joli ceci dit, mais c'est très loin de ce que nous attendions. Alors tant pis, cette escapade nous a pris la journée, la nuit arrive, il fait froid, nous tenterons de trouver le bel endroit caché demain matin.
Le point positif de tout ce temps perdu sur des routes pourries, c'est que nous avons eu la chance de voir un diable de Tasmanie tout près de la voiture. Pas de photo à vous montrer car il paraît qu'ils sont dangereux avec leur grande bouche pleine de dents, donc je ne risquerai pas de m'approcher...
07 janvier 2009
Launceston
Ce matin nous prenons le bus pour Launceston, la deuxième plus grande ville de Tasmanie à environ 3h d'Hobart. Le seul van en location encore disponible se trouve là-bas, il est un peu plus cher que notre budget nous le permet mais qu'est-ce qu'il est bien!
Nous avons un toit qui s'agrandit pour permettre de tenir debout à 'intérieur, une table avec des fauteuils, un frigo, un micro-ondes, des petits placards pour la cuisine entièrement équipée, de l'eau, du gaz, la grande classe!
Après cela nous visitons Launceston qui ressemble à une petite ville provinciale. Il y a en son centre de beaux bâtiments anciens à l'architecture de style colonial et des petites rues qui tournent en rond, bordées de jolies boutiques à l'ancienne.
Comme il se doit, très peu de photos ont survécu...
La grande surprise de la journée sera Cataract Gorge, un endroit très spécial, tout près du centre-ville. Tout ici a des proportions minuscules comparées à l'immensité de l'Australie et tout se visite à pied. À Cataract Gorge, des falaises verticales bordent les rives d'une rivière qui mène à un grand bassin. C'est une réserve naturelle avec ce grand espace d'eau stagnante entouré de collines imposantes. Ce qui en fait un endroit étonnant, c'est cette grande piscine construite là, au milieu de ce paysage sauvage. Il y a également un parc au gazon très attrayant et une aire de pique-nique avec les fameux barbecues ouverts au public. Un pont suspendu et un télé-siège permettent de traverser le bassin naturel.
Je pense qu'il y a deux façons de voir les choses : c'est très choquant de voir ce bel endroit sauvage piétiné par l'homme qui ne peut s'empêcher d'y ajouter des éléments attractifs. Mais moi j'ai accroché car ce n'est pas réservé aux touristes mais plutôt aux gens de la ville qui viennent se ressourcer ici et ce n'est pas cerné de stupides restaurants, bars, ou magasins... je vois plus cet endroit comme un parc dans une grande ville, qui a des qualités extraordinaires.
Tout près du seul petit restaurant caché au milieu des arbres, des paons se baladent... il semblerait qu'ils soient à l'état sauvage !
Et des petits wallabies, trop cute!
Il y a des drôles de bêtes en Australie
Après une journée de voyage et de marche dans les montagnes nous sommes exténués, et après avoir trouvé un petit coin planqué près de la route, nous ouvrons le toit du van et c'est le bonheur!
06 janvier 2009
La TASMANIE. Arrivée à Hobart
Quelques jours après les fêtes, je repars en vadrouille avec Matt, nous allons faire le tour de la Tasmanie en 10 jours.
Hobart est la deuxième ville la plus ancienne d'Australie. La vue depuis l'avion est sympa, mais au dessus des montagnes c'est un peu trop mouvementé pour moi.
Un paysage sauvage, moins verdoyant que je ne l'aurais cru, et la capitale de la Tasmanie prise en sandwich entre les collines du Mont Wellington et la rivière Derwent. Son centre-ville est assez petit et facile à visiter à pied.
Première impression agréable : il fait chaud et beau malgré une brise un peu fraîche. L'île étant très au sud, on nous avait dit qu'il ferait froid, même à la saison la plus chaude...
(À mon retour, c'est avec beaucoup de déception que j'ai découvert qu'entre 50 et 100 photos ne pouvaient être lues à cause d'une foutue carte mémoire chinoise. Alors j'ai perdu 90% des photos de Hobart, dont ce qui suit.)
Nous allons tout d'abord à Salamanca Place, une série d'entrepôts sur le front de mer datant de 1830 et dans lesquels on peut se balader au milieu de petites galeries et boutiques d'art. L'architecture est très simple : des murs de grès et des rangées de fenêtres. Pas de décoration, de fioriture ou de balcon sculpté.
À mon grand étonnement ce n'est pas touristique ! Pas de peinture aborigène, de boomerang, de tee-shirt "I love Hobart", de peau de kangourou ! C'est probablement la première grande ville d'Australie que je visite où je ne sens pas le pression touristique. Ambiance décontractée, petites boutiques sans prétention au charme provincial... on sent qu'il fait bon y vivre.
Derrière Salamanca Place se trouve le vieux port appelé Battery Point. C'était le village maritime à l'époque de la chasse à la baleine. Petites rues paisibles bordées de maisonnettes très charmantes et de boutiques d'antiquités.
Nous redescendons vers le centre ville dont l'architecture est beaucoup plus imposante avec ses vieux bâtiments historiques et ses grands magasins et centres commerciaux.
St David's Park était le premier cimetière citadin. Il fut transformé en jardin public mais on peut encore voir quelques pierres tombales.
Nous retournons au port qui est très paisible et parfait pour une agréable promenade de fin de journée. Il est séparé en trois zones : les terminaux des ferries et des bateaux de croisière, les habitations haut de gamme et les énormes yachts, et enfin le petit port de pêche avec des restaurants flottants de fish & chips. Alors on ne va pas se priver ! Du bon poisson tout frais encore frétillant!
































































































